Lutte contre les insectes ailés

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Auteurs : L. Marnay et M. Delerue (Ifce)
Mise à jour : Mai 2018

Taons, mouches, moucherons et moustiques divers sont le lot quotidien de nombreux chevaux quand arrive la belle saison. Ils induisent de nombreux désagréments plus ou moins graves.
Comment limiter l’infestation par ces indésirables ? Quels sont les moyens de lutte à la disposition de l’éleveur et du cavalier ?
Le harcèlement par les insectes génère un stress chez le cheval qui peut se traduire par de la nervosité, une agitation, notamment de la tête, lorsque le cheval est monté.

© L. Marnay, Ifce

 

Une gêne au quotidien:

Au pré, il peut induire une modification du budget-temps du cheval, c’est à dire de la répartition dans la journée et du temps accordé aux activités telles que l’alimentation, le repos debout ou couché, les déplacements…
Chez les chevaux de Camargue, il est notamment remarqué qu’ils passent 2h30 de moins à s’alimenter notamment de jour à la belle saison, préférant se rassembler dans une zone de repos où ils semblent moins attaqués par les insectes (Duncan P, 1985).

Un vecteur de maladies

L’activité des insectes génère également des désagréments tels que des conjonctivites, la surinfection de plaies, la transmission de maladies, telles que la fièvre West Nile ou l’anémie infectieuse (AIE). Enfin, une hypersensibilité à la salive d’insectes piqueurs, notamment les culicoïdes (touchant jusqu’à 10 % des chevaux) est à l’origine d’une affection particulièrement invalidante : la dermite estivale récidivante équine (DERE).
Les principaux insectes incriminés

Le cycle de vie des insectes ailés comporte en général 4 phases (œuf, larve, nymphe et adulte), les trois premiers stades ayant lieu dans les zones humides (boue, vase, fumier, déjections), le dernier sur ou à proximité des animaux. Le cycle dure en moyenne de 3 semaines à 2 mois selon les espèces.

Mouches, taons, moucherons, moustiques… sévissent particulièrement à la belle saison, d’avril à octobre avec un pic en juillet. Attirés notamment par la sueur des animaux, ils sélectionnent les zones de peau fine, souvent peu accessibles au cheval…

On distingue notamment :
Les culicoïdes : petits moustiques dont seule la femelle est hématophage, sont présents principalement dans l’ouest de la France (Normandie, Bretagne, Aquitaine), régions douces et humides. Actifs en particulier à l’aube et au crépuscule, un peu la nuit, leur piqûre induit des démangeaisons intenses chez les chevaux présentant une hypersensibilité à leur salive. Cette dernière est responsable de la DERE (dermite estivale récidivante équine).
Les mouches plates (mouches araignées) : mouches d’environ 10 mm, que l’on trouve principalement sous climat doux, vivent en permanence sur l’animal qu’elles parasitent. Elles affectionnent les zones sensibles (anus, périnée, intérieur des cuisses) où leur piqûre douloureuse et leurs mouvements engendrent des réactions parfois violentes. Très dures à attraper (se déplacent en crabe) et à tuer (il faut les écraser individuellement entre les ongles), elles sont sensibles à l’ingestion de produits gras, huile ou vaseline (elles en meurent). On peut alors enduire les zones à protéger avec des corps gras. Attention cependant aux brûlures quand il y a beaucoup de soleil
Les taons : affectionnent la proximité des bois et les prairies humides. Leur piqûre, très douloureuse a lieu principalement en pleine journée, gonfle et démange beaucoup. Elle génère des saignements qui attirent les autres insectes.
Les mouches domestiques : consomment les squames de peau, les sécrétions lacrymales et le sang issus des piqûres des taons, principalement aux heures chaudes. Se déplaçant d’un cheval à l’autre, elles sont vecteurs d’affections telles que les conjonctivites.
Les gastérophiles : leur nuisance est essentiellement associée au parasitisme interne de l’estomac causé par leur larves issues d’œufs pondus sur les membres antérieurs, les lèvres, parfois la crinière du cheval et ingérés par léchage. Prévenir une infestation massive
Supprimer complètement les insectes de l’environnement du cheval est aussi illusoire qu’indésirable. Néanmoins, il importe de bien prendre en compte les facteurs limitant leur prolifération, tant en matière de conception que de fonctionnement des installations.

Conception des infrastructures, réfléchir en amont sur :

L’implantation des bâtiments : localisation/orientation, la localisation de la fumière, lieu de prédilection de nombreux insectes : son implantation doit se conformer aux dispositions du règlement sanitaire départemental. Pas trop éloignée des bâtiments, il convient idéalement de la placer sous le vent par rapport au vent dominant. Voir aussi la fiche : « Règles de stockage et d’épandage du fumier de cheval », l’ambiance des bâtiments et notamment leur ventilation qui intervient sur l’ensemble des autres facteurs environnementaux : température, hygrométrie, contamination par les microbes et insectes, concentration des gaz toxiques.

Prendre en compte également l’environnement proche :
mares, zones d’eau stagnante, bétail (parasites communs)… empierrer le sol dans les lieux de formation et de stagnation de boue (lieu de développement des taons, notamment, qui y survivent plusieurs années).

Fonctionnement des installations :
Hygiène générale et bonnes pratiques d’élevage.

L’objectif est d’entraver le déroulement des cycles des parasites en général, des mouches en particulier, en réduisant la population des générations futures.
Aux écuries, effectuer des curages intégraux et nettoyages poussés régulièrement, sans oublier les mangeoires et abreuvoirs et leurs abords avant de les regarnir de litière.
Assurer une vidange plus fréquente à la belle saison de la fosse à fumier qui est un lieu de reproduction privilégié.
la désinfection se fait sur locaux nettoyés (débarrassés de toute matière organique) par pulvérisation du haut vers le bas des murs, du fond vers la sortie des bâtiments, et laisser sécher. Bien rincer ensuite mangeoires et abreuvoirs.
Une désinfection voire un vide sanitaire régulier (y compris silos et zones de stockage des fourrages) permettent également d’entraver ces cycles de développement.

Au pré:
Préserver les abris naturels (haies et arbres), espaces de vie et de reproduction des prédateurs naturels des insectes.
laisser un accès aux abris d’herbages l’été mais : éliminer les crottins régulièrement à l’intérieur, équiper l’entrée de lanières chassant les insectes du corps des animaux par contact et préservant l’intérieur de l’abri, gérer rapidement les fuites d’eau, favorisant le développement du cycle des insectes.

Observer les animaux permet de :
Réagir aux premiers signes (comportement, état général, marques sur le corps), adapter les horaires de sortie des chevaux en fonction de leur sensibilité, sortir les chevaux de préférence la nuit et le matin tôt pour éviter les heures chaudes.
A l’exception des chevaux souffrant de dermite qu’il est préférable de sortir avant 17 h, heure de prédilection des culicoïdes responsables principaux de ces maux.
Lors de balades en extérieur : ne pas mettre un cheval sensible en tête : souvent plus attaqué que les suivants.

La lutte contre les insectes :
Moyens naturels, outils et matériel. Facteurs naturels permettant de limiter les nuisances occasionnées par les insectes :
les protections naturelles du cheval sont à préserver, notamment lorsqu’il vit au pré : toupet, crinière, queue.
Stationnement en groupe (position tête-bêche permettant à chacun de chasser les mouches de la tête de l’autre) : éviter de laisser les animaux seuls au pré…
Protections naturelles des sites (haies, zones d’ombre).
Réflexes naturels : frissons (action des muscles peauciers chassant les insectes), gestes brusques, possibilité de se rouler dans la terre, limiter le pansage sur les chevaux vivant au pré (protection par la boue séchée), éviter l’attache prolongée de chevaux aux heures très chaudes, contraignant les mouvements d’encolure pour chasser les insectes.

Pour les bâtiments:

Définitions
Le terme insectifuge désigne une plante, un produit ou une substance qui repousse les insectes. On parle aussi de répulsif.
Le terme insecticide concerne des substances actives ou des préparations ayant la propriété de tuer les insectes, leurs larves, et/ou leurs œufs. Beaucoup sont à base de pyréthrinoÏdes.

Désinsectisation:  © L. Marnay, Ifce 

« pièges insecticides » sous forme de poudre à placer telle quelle ou à diluer et badigeonner, ils contiennent des phéromones qui attirent les insectes et un insecticide. Ces produits sont à placer hors de portée des animaux et des enfants.

Lampes fluorescentes dont la lumière attire les insectes, associées à une grille haute tension ou des plaques les encollant.

Systèmes ultrasons qui agissent sur le système nerveux des insectes, mais pas sur celui des chevaux (!)

Peintures insecticides à appliquer sur les murs, peinture insecticide à la chaux hydratée (couleurs répulsives (bleu))

Fumigènes à utiliser dans les silos (vides) et les locaux (vides et fermés), bien ventiler ensuite avant d’y introduire les animaux.

pièges divers type ruban adhésif (commercialisé en rouleaux de 400 m)

Lutte biologique :
Introduction de prédateurs naturels des espèces à éliminer placés sur les lieux de ponte, associée à des pratiques d’élevage cohérentes avec ce mode de lutte.
Huiles essentielles, répulsifs naturels à diffuser dans l’environnement (citronnelle, arbre à thé)
Ventilation active des bâtiments (fait notamment fuir les mouches domestiques, les culicoïdes)

Sur les animaux :
Chemise « nid d’abeille » ou chemise intégrale ou laissant circuler l’air mais protégeant le cheval des insectes de la tête à la queue, voire les membres (nouveaux produits) (parfois indispensable en cas de DERE)
franges fixées au licol et masques divers utilisables au pré ou pour monter.

Produits à appliquer:
Shampoings insectifuges, produits liquides, sprays, roll on, voire « pour-on » (à déposer le long de la colonne vertébrale, attention, souvent pas d’AMM – autorisation de mise sur le marché – cheval)
en application +/- fréquente selon le produit utilisé (selon la molécule et son dosage, le contexte (travail, pré, randonnée) et les conditions climatiques). Il est à noter que beaucoup de produits sont éliminés rapidement quand le cheval transpire.
certains produits puissants, sont sensibilisants (à tester sur une petite zone pour éviter une allergie massive), voire génèrent une réaction avec le soleil (photosensibilisants).
l’efficacité des différents produits est variable, leur odeur parfois prégnante !
Les colliers type « collier à puce », placé autour de l’encolure sur cheval sont d’une efficacité controversée.
lutte biologique : huiles essentielles (eucalyptus, citronnelle, géranium, lavande, arbre à thé…), certaines atténuent l’odeur du cheval et de sa sueur et désorientent les insectes… répulsifs (insectifuges) naturels dans l’environnement (pyrèthre) ou à faire manger (ail).

NB : Penser à en mettre sur soi (substance adaptée à l’homme) quand on monte sinon le cheval va bien et le cavalier est couvert de mouches !!!

Lutte spécifique contre les gastérophiles :
Retrait régulier des œufs sur les membres du cheval (au rasoir ou au vinaigre blanc tiédi) pour limiter l’ingestion d’oeufs par le cheval ;
vermifugation à la fin de l’automne avec une molécule efficace contre les gastérophiles (ivermectine ou moxidectine).

 

Auteurs : L. Marnay et M. Delerue (Ifce)

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Halte à la rhinopneumonie

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La rhinopneumonie


Auteurs : AVEF, C. Laugier, I. Barrier, C. Pitel, B. Ferry, P. Tritz

Document par IFCE 

 

La rhinopneumonie, nom couramment donné aux herpès viroses de type 1 et 4, fait l’objet de fréquentes déclarations par le RESPE dans toute la France. Le terme rhinopneumonie devrait être réservé aux infections dues au virus Herpès équin 4, le Virus Herpès équin de type 1 étant appelé virus abortif équin.
Elle existe sous 3 formes : respiratoire, nerveuse et abortive. Il est important de bien la connaître, d’une part pour organiser une prévention efficace et d’autre part pour limiter la diffusion depuis les foyers.

Virus et transmission :
Deux herpès virus sont responsables de cette maladie : HVE-1 (« herpès virus équin-1 ») et HVE-4.
Après infection, le virus persiste souvent dans l’organisme, sous forme latente, et peut se réactiver pour provoquer à nouveau la maladie.
60 à 70% des chevaux sont porteurs latents.

 La transmission se fait par :

– Les sécrétions respiratoires des chevaux atteints de forme respiratoire.
– Contact avec un avorton ou les sécrétions utérines correspondantes dans l’expression abortive.-*

Les virus peuvent survivre pendant plusieurs jours dans le milieu extérieur (paille du box, etc…), d’où une contamination possible entre chevaux n’ayant pas de contact direct entre eux, par l’intermédiaire de ces vecteurs de transmission. Cependant, les virus sont sensibles aux désinfectants usuels (savon, crésyl, …).
L’infection des poulinières se fait, le plus souvent, lors de l’introduction de nouveaux chevaux dans l’élevage (achat, pension), ou lors d’un séjour dans un autre haras pour saillie ou poulinage.

 L’avortement peut avoir lieu dans les 9 jours à 4 mois suivant la contamination. Par exemple, une jument contaminée à l’automne par contact avec un poulain atteint de forme respiratoire peut avorter au printemps, soit 4 mois plus tard ; une jument pleine en pension dans un haras, contaminée par l’avortement de sa voisine, peut avorter quelques jours plus tard. Dans un effectif non vacciné, on peut alors observer jusqu’à 80 à 90% d’avortements.

En résumé, l’origine d’un avortement à rhinopneumonie peut être :
infection de la jument par un cheval atteint de forme respiratoire
infection de la jument par contact avec l’avorton d’une jument voisine, réactivation d’un virus latent hébergé par la jument elle-même.

Symptômes
Forme respiratoire

Due principalement à HVE-4 (virus de la rhinopneumonie) mais aussi à HVE-1.
La maladie est d’allure grippale mais avec des symptômes souvent plus modérés (fièvre légère, toux, écoulement nasal) pendant 1 à 2 semaines, plus fréquemment à l’automne et en hiver. Elle peut être plus sévère ou se compliquer de surinfections bactériennes, surtout chez les jeunes chevaux à l’entraînement.
L’infection peut également passer inaperçue, notamment chez les foals et yearlings à l’élevage s’exprimant par un épisode de toux et d’écoulement nasal parfois sans gravité.

Lésions du foie chez un avorton, dues à la rhinopneumonie. Les petits points blancs sont des foyers de « nécrose » (destruction des tissus). (© Dr C. Laugier)

Forme abortive

Due essentiellement à HVE-1 (virus abortif équin) et rarement à HVE-4
Un avortement intervient sans signes prémonitoires (pas d’écoulements vulvaires, pas de montée laiteuse), le plus souvent en fin de gestation (9-11ème mois) mais pouvant survenir dès le 4ème mois. Le fœtus et le placenta sont expulsés sans difficultés, la jument n’est pas malade.
Une jument qui a avorté de rhinopneumonie n’est pas protégée contre les avortements les années suivantes.
Dans certains cas, le poulain naît, à terme et vivant, mais présente des difficultés respiratoires et meurt, le plus souvent dans les 3 jours. Ces poulains sont hautement contagieux pour les autres chevaux.

Forme nerveuse

Due essentiellement à HVE-1, on parle de myélo-encéphalopathie herpétique (MEH).
Les MEH sont relativement rares (environ 5 foyers par an en France).
Des troubles nerveux variés, mais pas obligatoirement associés sur un même cheval apparaissent. Dans certains cas, un seul cheval est atteint, dans d’autres cas, plusieurs chevaux peuvent être atteints, on peut observer :
troubles de la locomotion pouvant aller jusqu’à la paralysie, paralysie du pénis, absence de contractions de la vessie, etc…
Les formes neurologiques graves peuvent entraîner la mort, soit directement, soit les chevaux atteints doivent être euthanasiés.

Diagnostic et traitement

Lésions des poumons chez un avorton (congestion et nécrose), dues à la rhinopneumonie. (© Dr C. Laugier)

Diagnostic

Technique de certitude : la recherche du virus se fait à partir des tissus (foie, poumon de l’avorton ou du placenta parfois seul organe contaminé), ou par un écouvillonnage nasal profond et prise de sang (forme respiratoire et nerveuse).
Une recherche sur le liquide céphalo-rachidien peut être réalisée pour les formes nerveuses.
Seuls certains laboratoires l’effectuent.
L’analyse par PCR est la technique d’analyse la plus fiable et la plus rapide. Les analyses par culture cellulaire du virus et par sérologie sont également réalisables mais ne permettent pas un diagnostic dans l’urgence.

Traitement
Il n’existe pas de traitement spécifique.

Forme respiratoire ou nerveuse : un traitement atténuant les symptômes peut être instauré.
Forme abortive : l’avortement n’est en général suivi d’aucun problème. Aucun traitement n’est donc nécessaire.
Il n’existe pas de « traitement préventif » pour éviter l’avortement lorsqu’une jument a été contaminée.

Prévention

  • Bonnes pratiques dans les écuries et les élevages en milieu sain
  • Séparer les chevaux d’élevage (poulinières et jeunes peu immunisés) des chevaux d’entraînement ou de compétition. Les chevaux d’entraînement ou de compétition (qui circulent beaucoup et sont soumis au stress du débourrage et de l’entraînement sont susceptibles de s’infecter à l’extérieur et peuvent transmettre les virus aux poulinières avec risque d’avortement).
  • Mettre en quarantaine pendant 3 semaines les nouveaux arrivants ou au moins les isoler de tout contact avec les autres chevaux déjà présents et les surveiller de près (prise de température quotidienne).
  • Mesures de maîtrise en milieu contaminé
  • Ne pas traiter les herpès viroses à la légère et prendre toutes les dispositions pour limiter la diffusion du virus à l’intérieur, mais aussi en dehors de l’établissement.
  • En cas de foyer d’herpès virus respiratoire ou nerveux, prendre des mesures d’isolement et de désinfection.
    Isoler, autant que faire se peut, les chevaux présentant de l’hyperthermie, des signes d’atteinte respiratoire et/ou du système nerveux.
  • Vider entièrement les boxes et détruire les litières contaminées, puis nettoyer (karcher) avant de désinfecter les locaux et effectuer un vide sanitaire avant toute réintroduction.

Le circuit de soins

Débuter les soins par les lots de chevaux sains pour terminer par les chevaux suspects et atteints avec l’utilisation de matériel à usage unique, ou le désinfecter entre chaque cheval.

Limiter le contact avec les chevaux infectés uniquement au personnel responsable des soins.
Lors d’avortement ou de naissance de poulain faible, toujours penser à la possibilité de rhinopneumonie, même avant la confirmation par le laboratoire, car c’est la première cause infectieuse d’avortement et le risque de contagion est important :
détruire la litière et désinfecter le boxe ou l’emplacement de pâture où il a été trouvé.

Isoler la jument pendant 1 à 2 semaines, la soigner après les autres animaux et se désinfecter soigneusement ensuite (attention notamment si le poulain est vivant et nécessite des soins intensifs, c’est une source de contamination très importante pour les autres juments par l’intermédiaire du personnel).

Nota : attention à la manipulation des avortons et des enveloppes fœtales. L’examen doit toujours être réalisé avec des gants à usage unique. Après celui-ci, placer les enveloppes dans un sac plastique fermé hermétiquement.
D’une manière générale, ne jamais laisser d’autres animaux s’en approcher (autres équidés, chiens …), même si le poulinage s’est bien déroulé et que le poulain est en bonne santé.

Vaccination
Longtemps décriée, y compris par certains vétérinaires, l’utilité de la vaccination contre les herpès virus de type 1 et 4 fait maintenant consensus.

Les obligations de vaccination contre la rhinopneumonie ne concernent pour le moment que les reproducteurs :
Elle est obligatoire pour tous les étalons utilisés en IA, quelle que soit la race et pour la plupart des étalons produisant en monte naturelle.
Consultez la liste des Dépistages et vaccinations pour les étalons selon les règlements des stud-books qui évoluent d’une année sur l’autre.
Elle est obligatoire pour les poulinières Trotteur Français, PS et AQPS et préconisée par les races SF et AA
En outre, beaucoup de haras ne prennent en pension que les poulinières vaccinées, notamment les étalonniers Arabes et DSA ayant opté pour le « label course ».

Recommandations :
Il faut raisonner en terme de « prophylaxie de l’élevage » et non pas de « prophylaxie individuelle ».
Les vaccins actuels n’empêchent pas de façon certaine les infections respiratoires ou nerveuses, ni les avortements. Lors d’introduction du virus dans un effectif, le pourcentage de malades et d’avortements est simplement plus faible si les chevaux sont bien vaccinés que s’ils ne le sont pas. Une étude du RESPE a montré que la vaccination a fait reculer de 75% les avortements herpétiques.

Par contre une vaccination de tout l’effectif (poulinières, mais également souffleur, poulains, chevaux à l’entraînement, etc…) limite la circulation du virus et sa ré-excrétion chez les porteurs latents.

Il est inutile d’« hyper vacciner » les poulinières si les autres chevaux de l’élevage ne sont pas vaccinés.

80% des poulains se contaminent au haras avant l’âge de 10 mois.

Tous les vaccins commercialisés en France incluent la valence EHV-1, certains ne comportent que cette valence (Pneumequine®), et un comporte les 2 valences EHV-1 et EHV-4 (EQUIP EHV 1.4® ) : sa protection contre la forme respiratoire serait donc supérieure (chevaux à l’entraînement, par exemple), mais la protection contre les avortements est identique.

Des difficultés d’approvisionnement en vaccins ont été rencontrées en France ces dernières années, les lots fabriqués ne pouvant être commercialisés car ils ne respectaient pas les critères qualité ; les laboratoires peuvent dans ce cas avoir recours ponctuellement à des importations de vaccins sous autorisation temporaire d’utilisation (ATU) pour dépanner les éleveurs. Les évolutions des procédés de fabrication qui sont en cours laissent entrevoir des perspectives meilleures dans les prochaines années.
Les vaccins importés en France sous ATU sont le Pneumabort K® et le Bioequin H® ; ils ne comportent que la valence EHV-1.

Protocole vaccinal recommandé :

Primovaccination : 2 injections à 1 mois d’intervalle et premier rappel à 6 mois
Rappels si possible tous les 6 mois, sans dépasser un an ;
Poulinières : primo-vaccination avant la saillie ou l’insémination de préférence, puis rappel tous les 6 mois ; certains fabricants préconisent des rappels à 5, 7 et 9 mois de gestation (l’efficacité reste à démontrer)

Permis de conduire pour le transport de chevaux

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Comme à mon habitude, je mets en ligne sur ce site la newsletter de la IFCE

Niveau de technicité: ***
Auteurs : C. Dubois, X. Giraud, P. Allier, P. Doligez, C. Bruna

Le Code de la route impose des règles de bonnes conduites qui permettent d’organiser au mieux la circulation en en limitant les risques. Il s’applique à tous les véhicules en circulation sur les routes françaises, quels que soient le chargement (le cheval est considéré comme une marchandise), le type de transport (gracieux ou onéreux) et le conducteur.

Sommaire :
Les différents permis de conduire
Types de permis de conduire en fonction du véhicule tracteur et de la remorque
A savoir pour les poids lourds
Quelques exemples
Petites remarques
Rappel des abréviations utilisées et récapitulatif
Bases réglementaires
Voir aussi
Lettre d’information « Avoir un cheval »
Les différents permis de conduire
(Décret n° 2011-1475 du 9 novembre 2011 portant diverses mesures réglementaires de transposition de la directive 2006/126/CE relative au permis de conduire ; Arrêté du 20 avril 2012 fixant les conditions d’établissement, de délivrance et de validité du permis de conduire ; Arrêté du 21 décembre 2012 modifiant les articles 4 et 8 de l’arrêté du 20 avril 2012 fixant les conditions d’établissement, de délivrance et de validité du permis de conduire ; Code de la route ; Directive 2012/36/UE de la Commission du 19 novembre 2012 modifiant la directive 2006/126/CE du Parlement européen et du Conseil relative au permis de conduire).
La réglementation a évolué au 19 Janvier 2013, et de nouveaux permis sont entrés en vigueur (B, B96, BE, C; CE, C1 et C1E).

 Pour les vans tractés : © F. Grosbois, Ifce

Catégorie B
Le permis B permet la conduite des véhicules dont le PTAC (poids total autorisé en charge) est inférieur ou égal à 3,5 T. Aux véhicules de cette catégorie peut être attelée une remorque :
dont le PTAC est inférieur ou égal à 750 kg,
ou dont le PTAC est compris entre 750 kg et 3,5 T si la somme des PTAC (voiture + remorque) est inférieure ou égale 3,5 T.
Exemple : Voiture + certains vans 1 place

Catégorie B96 – NOUVEAU depuis 2013 (obtenu suite à formation spécifique mais sans examen)

Offre la possibilité de tracter un ensemble véhicule + van de 4,250 T maximum. Il permet donc la conduite d’un véhicule relevant de la catégorie B (PTAC ≤ 3,5 T), attelé d’une remorque si :
750 kg < PTAC remorque <3,5 T
3,5 T < total des PTAC (véhicule tracteur + remorque) < 4,250 T
Exemple : Voiture + Van 2 places

Catégorie BE (ex catégorie E (B))

Conduite des véhicules de catégorie B attelés d’une remorque ou semi-remorque lorsque :
le poids total autorisé en charge (PTAC) de la remorque est supérieur à 750 kg et inférieur à 3,5 T
et que la somme des PTAC du véhicule tracteur et de la remorque est supérieure à 4,250 T.
Exemple : 4*4 + Van 3 places
Les droits acquis des détenteurs d’un permis de la catégorie EB obtenu avant le 19 janvier 2013 sont maintenus par l’apposition de la mention additionnelle 79.06 spécifique (permettant de tracter une remorque d’un PTAC supérieur à 3,5 T) en cas de renouvellement du titre.

Pour les camions : © H. De Becdelièvre, Ifce 

> Catégorie C1

Permet de conduire des véhicules dont le poids total autorisé en charge (PTAC) est supérieur à 3,5 T et inférieur ou égal à 7,5 T.
Ces véhicules sont par ailleurs conçus et construits pour le transport de 8 passagers au plus outre le conducteur.
Aux véhicules de cette catégorie peut être attelée une remorque dont le PTAC est inférieur ou égal à 750 kg.
Exemple : Camion 2 chevaux transportant 2 chevaux.

> Catégorie C
Autorise la conduite des véhicules affectés au transport de marchandises ou de matériel dont le poids total autorisé en charge (PTAC) est supérieur à 7,5 T.
Ces véhicules sont par ailleurs conçus et construits pour le transport de 8 passagers au maximum en plus du conducteur et peuvent être attelés d’une remorque dont le PTAC est inférieur ou égal à 750 kg.

> Catégorie C1E
Permet de conduire des véhicules dont le poids total autorisé en charge (PTAC) est supérieur à 3,5 T et inférieur ou égal à 7,5 T (catégorie C1) attelés d’une remorque ou semi-remorque dont le PTAC est supérieur à 750 kg, des véhicules relevant de la catégorie B attelés d’une remorque ou semi-remorque dont le PTAC est supérieur à 3,5 T.
Dans les 2 cas, le poids total roulant autorisé (PTRA) de l’ensemble ne doit pas excéder 12.000 kg (12 T).

> Catégorie CE (ex E (C))
Autorise la conduite des véhicules affectés au transport de marchandises ou de matériel dont le poids total autorisé en charge (PTAC) est supérieur à 3,5 T (catégorie C) et qui sont attelés d’une remorque ou semi-remorque dont le PTAC dépasse 750 kg.
Ces véhicules sont par ailleurs conçus et construits pour le transport de 8 passagers au maximum en plus du conducteur.
Exemple : Semi remorque

Tous ces permis sont valables au sein de l’Union Européenne.

Le port de la ceinture est obligatoire, si les sièges en sont équipés ( Décret n°2003-440).

Le Code de la route interdit tout transport de personnes à l’intérieur d’une remorque, d’un camion, sauf dérogation accordée par le ministère des Transports à certaines sociétés (agrément spécifique leur est donné) notamment les convoyeurs de chevaux de course. N’oubliez pas que la prorogation de certains permis est soumise à des visites régulières chez le médecin préfectoral.

La réglementation des conditions de travail du conducteur

La Réglementation Sociale Européenne détermine les obligations que doivent respecter tous les conducteurs ( salariés ou non ) de véhicules de PMA (Poids Maximal Autorisé) > 3,5 T.
Elle impose notamment l’utilisation d’un chrono tachygraphe (dispositif permettant de surveiller le temps de travail de conducteur salarié et les paramètres de la conduite : vitesse, temps de trajet et d ’arrêt…) ainsi que des temps minimum de repos et des temps maximum de conduite.

Sont dispensés de l’utilisation de cet appareil :
Les transports effectués par des véhicules ou ensembles de véhicules de PMA < 7,5 T utilisés pour le transport de chevaux à des fins non commerciales (art 3 §h du règlement CE n°561/2006 du 15 mars 2006)

Les transports effectués par des véhicules ou ensembles de véhicules de PMA < 7,5 T utilisés par les entreprises d’agriculture, élevage pour le transport de biens dans le cadre de leur activité professionnelle spécifique dans un rayon maximal de 50 kms autour du lieu d’établissement de l’entreprise. (art 1 §2 du décret n°2008-418 du 30/04/2008).
Deux notions sont donc à assimiler :
Celle de « transport à des fins non commerciales » : à entendre comme transports effectués hors du cadre professionnel.
ex : Un jockey professionnel ou semi-professionnel transportant un cheval ou le salarié d’un club transportant des chevaux vers un concours est soumis à la RSE. Un particulier non.

Celle de « PMA = Poids Maximum Autorisé »
– Si 1 véhicule moteur : PMA = PTAC du véhicule
– Si 2 véhicules ( véhicule moteur + véhicule remorqué ), PMA = plus petite des 2 valeurs suivantes :
* PTRA du véhicule moteur
* somme des 2 PTAC
Donc, un éleveur transportant ses chevaux avec un fourgon ( PTAC : 3,5 T ; PTRA 5,5 T ) et un van (PTAC 2 T) est soumis à l’utilisation d’un chronotachygraphe s’il dépasse le rayon des 50 kms autour du siège de l’entreprise.

Types de permis de conduire en fonction du véhicule tracteur et de la remorque :

Typologie des permis de conduire en fonction du type de remorque tractée (source: http://www.forum-auto.com)
Nota sur la circulation le dimanche
Théoriquement, les poids lourds dont le poids total autorisé en charge (PTAC) est supérieur à 7,5 tonnes ont l’interdiction de circuler du samedi 22 heures au dimanche 22 heures.
Cependant, le transport d’animaux vivants bénéficie d’une dérogation permanente (cf. arrêté du 22/12/94 et 07/02/2002).

A savoir pour les poids lourds
FIMO : Formation Initiale Minimum Obligatoire et FCO : Formation Continue Obligatoire

Les obligations de formation pour les personnels de centre équestres découlent de la directives N°2003/59/CE du Parlement Européen et du Conseil du 15 Juillet 2003. consulter la directive via le lien : directive n° 2003/59/CE
La directive prévoit 7 cas d’exemptions à ces obligations, mais aucune n’est applicable aux personnels de centres équestres conduisant des poids lourds de plus de 3.5 T, car les transports s’inscrivent pleinement dans le cadre d’une activité professionnelle.
Les particuliers transportant à des fins privées, leurs propres chevaux ne sont pas concernés par cette réglementation.
Pour les conducteurs de véhicules > 3.5 T (transport dans le cadre d’une activité économique) suivie d’une FCO (Formation Continue Obligatoire) tous les 5 ans.
Exception pour les véhicules d’urgence, transports non commerciaux, transport privé dans un rayon de 50 km.
Réglementation Sociale Européenne :

Un nouveau règlement communautaire 165/2014 (en date du 4 février, JOUE du 28/2/2014) vient abroger le règlement 3821/85
Codifie les temps de conduite : exception pour le transport d’animaux ou PTRA < 7.5 T dans un rayon de 50 km et les véhicules de collecte ou d’urgence.
Chronotachygraphe : obligatoire sur les véhicules > 3.5 T (disque ou carte de conducteur)
Depuis 2006 : les Tachygraphes numériques sont utilisés
Réglementation des transports (LOTI)
Codifie les transports publics (pour compte d’autrui)
Licence de transport:
intérieure (CU < 3.5 T) (véhicule(s) de PMA < 3.5 T)
communautaire (CU > 3.5t) (véhicule(s) de PMA> 3.5 T)
Le décret n°99-752 stipule dans son article 1 que pour exercer une activité de transport public routier de marchandises, une entreprise doit être inscrite au registre des transporteurs.

Le transport d’équidés contre rémunération, est soumis à la réglementation européenne du transport routier de marchandises (DREAL: demande d’autorisation d’exercer la profession de transporteur )
ET à la réglementation du transport d’animaux vivants équins (DDcsPP: agrément sanitaire des véhicules).
Pour être déclaré en tant que transporteur professionnel, voir Comment procéder pour exercer la profession de transporteur d’équidés

Quelques exemples: 

Exemple 1 (© F.Grosbois, Ifce)

Une voiture de tourisme tracte un van deux essieux de PV de 450 kg. Le PTAC de cette remorque est supérieur à 500 kg, elle doit donc être immatriculée. Cette voiture de tourisme peut effectivement tracter ce van puisque le PTAC de l’ensemble est inférieur à 3,5 t. Le conducteur doit être titulaire du seul permis B. Il doit pouvoir présenter les cartes grises des deux éléments roulants (et leurs attestations d’assurance) et bien sûr le document d’identification de l’équidé transporté, en l’occurrence ici un poney shetland.

Exemple 2: (©F.Grosbois/IFCE)

Ce véhicule transporte une jument et son poulain. Ces équidés pèsent au total 635 kg. Additionnés au poids vide de ce camion, le poids total passe à 3,015 T.
Le PTAC limité, est affiché à 3,5 T. Cet éleveur, possesseur du permis B roule donc en toute régularité.

Remarque : Actuellement aucun camion VL 2 places vendu neuf ne permet de transporter 2 chevaux d’un poids moyen de 550 kg avec un permis B ou BE (sauf attelé d’un van avec le permis correspond et en respectant les données constructeurs du PTRA !). Si le camion dépasse un PTAC de 3,5 T, il faudra un permis C1 pour transporter 2 chevaux de plus de 550 Kg.

Exemple 3 : (©F.Grosbois/IFCE)

Ce camion tracte un van deux places. Le PTRA n’est pas indiqué sur la plaque latérale mais il l’est sur la carte grise. Le conducteur doit avoir un permis B et un permis E(B) , car la remorque a un PTAC > 750 kg et L’ensemble a un PTAC > à 3,5 T mais inférieur à 12,5 T.

Exemple 4: ©F. Grosbois/IFCE 

Ensemble remorque et véhicule tracteur. Les plaques nous indiquent un PTAC total de 25 Tonnes. Le permis C super lourd est obligatoire pour conduire cet ensemble.

Exemple 5: (©F.Grosbois/IFCE)

Dans la remorque-un essieu de ce tracteur voyagent deux chevaux de selle, non ferrés, munis d’un licol et attachés. Le conducteur, un agriculteur, est titulaire du permis E. Il ne dépassera pas la vitesse de 25 km/h, imposée pour cet ensemble tracté. Cet ensemble circule en toute légalité.

Petites remarques: © F. Grosbois

Signalétique : Afin de prévenir les conducteurs des véhicules qui le suivent, la réglementation (CE 1/2005) impose de disposer d’une signalétique indiquant le transport d’animaux vivants.
Une mention « Attention Transport d’Animaux Vivant » ou à défaut « attention chevaux » est portée à l’arrière du camion ou du van.
Moyen de transport : Au sens du code de la route, cette jument attelée à une roulotte, constitue un « véhicule ». En effet un véhicule est, au sens de la réglementation en vigueur, « un moyen de transport monté sur roues, propulsé ou remorqué ».
Cette ensemble est soumis aux règles du code de la route

Rappel des abréviations utilisées et récapitulatif: © F. Grosbois
Information sur les Cartes Grises des véhicules
PV : Poids à Vide d’un véhicule ou G1 : Masse à vide
PTAC : Poids Total Autorisé en Charge ou F2 : Masse en charge maximale admissible du véhicule
C’est le poids maximal autorisé en charge d’un véhicule isolé ou d’une remorque.
PR ou PTRA : Poids total Roulant Autorisé ou F3 : Masse en charge maximale admissible de l’ensemble
C’est le poids maximal autorisé en charge d’un ensemble attelé (valeur déterminée par le véhicule tracteur)
PTRR : Poids Total Roulant Réel
PMA: Poids Maximal Autorisé
Formules calculs
Poids tractable = PTRA – PTAC du véhicule ou de l’ensemble (Voiture + van)
Charge Utile: CU = PTAC – PV

Information sur les Permis de conduire
Récapitulatif des types de permis en fonction de la remorque tractée
Bases réglementaires
Code de la route (notamment art R221-4, art R312-1 à 25.)
Arrêté du 08 août 1999.
Décret n° 2011-1475 du 9 novembre 2011 portant diverses mesures réglementaires de transposition de la directive 2006/126/CE relative au permis de conduire ;
Arrêté du 20 avril 2012 fixant les conditions d’établissement, de délivrance et de validité du permis de conduire ;
Arrêté du 21 décembre 2012 modifiant les articles 4 et 8 de l’arrêté du 20 avril 2012 fixant les conditions d’établissement, de délivrance et de validité du permis de conduire ;
Directive 2012/36/UE de la Commission du 19 novembre 2012 modifiant la directive 2006/126/CE du Parlement européen et du Conseil relative au permis de conduire

L’anémie infectieuse des équidés

Publié le Mis à jour le

Comme à mon habitude, je partage avec vous, lecteur ou visiteur de ce blog, la newsletter de l’Institut Français du cheval et de l’équitation. Bonne lecture…

Newsletter de  Janvier 2018

Niveau de technicité : 2*/3

Auteurs: I. Barrier, B. Ferry, M. Delerue, AVEF, RESPE 

L’anémie infectieuse des équidés est une maladie grave pour laquelle il n’existe aucun traitement. Il s’agit d’un danger sanitaire de catégorie 1 qui requiert l’euthanasie du cheval infecté. Il y a encore des cas sporadiques en France. Début janvier 2018, deux foyers de la maladie ont été déclarés dans les départements du Var et des Alpes-Maritimes.

Virus et transmission

Le virus responsable de l’Anémie infectieuse des équidés (AIE) est un virus de la famille des Retroviridae (même famille que le virus du SIDA).

Seuls les équidés y sont sensibles : cheval, âne, mulet, bardot. Il n’est donc pas transmissible à l’homme.

En France, les derniers foyers sont apparus en Ardèche en 2007, dans le Var en 2009 (27 équidés atteints) et en Dordogne en 2010 (trois chevaux atteints).

En Europe, des foyers ont été déclarés en 2009, en Allemagne, Italie, Slovénie et Croatie. En 2010, de nouveaux cas étaient diagnostiqués en Italie, en Allemagne, au Royaume-Uni et en Belgique. La maladie est endémique en Roumanie qui est à l’origine des derniers foyers confirmés en Belgique et au Royaume Uni.

La transmission se fait par le sang des animaux malades ou infectés latents. Elle est donc essentiellement indirecte : piqûres d’insectes, injections en série sans changer de matériel. Les animaux malades renferment plus de virus et sont donc plus dangereux.

Symptômes

L’examen des muqueuses peut mettre en évidence une anémie © M. Sabbagh

Le cheval présente de la fièvre © M. Sabbagh

Dans sa forme chronique, les symptômes de l’anémie infectieuse sont non spécifiques © M. Sabbagh

Incubation

Elle est de quelques jours à plusieurs semaines (moyenne 10-15 jours).

Forme suraiguë

Cette forme est rare et atteint surtout les jeunes. Elle se traduit par une fièvre importante (41°C), un abattement intense et la mort survient en 1 à 3 jours.

Forme aiguë

Au début les symptômes sont de la fièvre, une anorexie, des signes locaux oculaires (larmoiement, muqueuse conjonctivale jaunâtre sur fond rouge). Puis, une aggravation apparaît avec des oedèmes en régions déclives. La mort survient dans 80% des cas en une dizaine de jours, ou bien la maladie passe à une forme chronique ou latente.

Forme subaiguë

Les symptômes sont atténués et étalés dans le temps, avec des crises espacées de phases de rémission. Les principaux sont la fièvre et des oedèmes des parties déclives nets et une anémie marquée.

Les crises peuvent être déclenchées par un stress (travail intense, chaleur, course, gestation ou administration de certains traitements).

L’évolution est longue et peut aboutir à la mort lors d’un accès aigu, ou bien passer à la forme chronique.

Forme chronique

Cette forme peut succéder à la forme aiguë ou subaiguë, ou survenir d’emblée.

Elle est d’évolution longue, avec des symptômes non spécifiques : amaigrissement, baisse de forme, légère augmentation de température, augmentation importante de la fréquence cardiaque à l’effort, muqueuses légèrement jaunâtres (« œil gras »), anémie plus ou moins accusée.

Des épisodes aigus peuvent survenir. La mort intervient au bout de plusieurs mois ou années.

Forme latente

Après une ou plusieurs crises, l’animal semble guéri mais il continue à héberger le virus et peut le transmettre.

Il existe aussi des animaux porteurs du virus, apparemment en bonne santé, sans aucune manifestation de symptômes.

Cette forme latente est la plus fréquente en France.

Diagnostic et traitement

Le diagnostic de certitude de l’AIE se fait par le test de Coggins © M. Sabbagh

Diagnostic

De par ses symptômes parfois peu évocateurs, la maladie peut être confondue (selon la forme) avec d’autres telles la piroplasmose, la leptospirose,  des tumeurs,  des maladies septicémiques, …

Y penser tout de même lors de maladie aiguë avec fièvre, conjonctivite, oedèmes, ou lors de méforme chronique ou d’amaigrissement.

L’établissement du diagnostic de certitude se fait par la recherche des anticorps dans le sang par le « test de Coggins ». Il peut être réalisé uniquement par des laboratoires agréés en France (diagnostic de routine) qui sont :

  • Pour le diagnostic de routine, certains Laboratoires Vétérinaires Départementaux (14445061647276)

En moyenne, les anticorps apparaissent 10 jours après le début de la fièvre sur l’animal malade, en général au plus tard 30 jours après l’infection. Mais l’apparition de ces anticorps d’un animal peut aller de 3 jours à 90 jours environ.

Les anticorps persistent toute la vie de l’animal, même s’il semble guéri. Même chose chez les porteurs sains.

Traitement

Il n’existe aucun traitement.

 

Prévention

La mesure de prévention principale est le dépistage et l’isolement des chevaux infectés.

La prévention passe donc par l’application de mesures de prophylaxie sanitaire. En milieu indemne :

  • N’introduire que des animaux sains provenant d’un effectif régulièrement contrôlé.
    Dans le cas contraire, faire procéder à un contrôle sérologique (test de Coggins) après 20 jours de quarantaine.
  • Lutter contre les insectes par des mesures de désinsectisation et d’hygiène.
  • Ne procéder à des injections qu’avec du matériel à usage unique (aiguille et seringue neuve pour chaque animal).
  • Demander un test sérologique à l’achat.

 

Réglementation

L’anémie infectieuse des Équidés fait partie de la catégorie 1 des dangers sanitaires mentionnés dans l’article L.201-1 du code rural et de la pêche maritime ». La classification en cours est définie par l’arrêté ministériel du 29/7/2013. La catégorie 1 regroupe les : « dangers sanitaires susceptibles de porter une atteinte à la santé publique, ou à mettre gravement en cause les capacités de production nationales ou la salubrité de l’environnement. Ces dangers requièrent des mesures de prévention, de surveillance ou de lutte définies et imposées, dans un but d’intérêt général, par l’État.  »

C’est également un vice rédhibitoire, toujours sous sa forme sérologique, avec un délai de rédhibition de 30 jours (décret du 28 juin 1990 et arrêté du 26 juillet 1990).

Mesures de police sanitaire

(Arrêté Ministériel du 23 septembre 1992)

Lorsqu’un cas est confirmé (test de Coggins), un Arrêté Préfectoral Portant Déclaration d’Infection (APPDI) est pris par les Services Vétérinaires du département concerné qui fait procéder à une enquête épidémiologique.

Cet APPDI entraîne les mesures suivantes :

  • Mise en interdit de l’établissement hébergeant l’équidé, c’est à dire interdiction de tout déplacement de chevaux vers et à partir de cet établissement.
  • Prise d’un Arrêté de Mise sous Surveillance des établissements hébergeant des équidés ayant été en contact avec lui dans les mois précédents.
  • Dépistage sur tous les équidés de ces établissements.
    Ceux qui se révèlent atteints (résultat positif au test de Coggins) sont isolés, et abattus dans les 15 jours. La désinfection et désinsectisation des locaux sont réalisées. Une participation financière de l’État pour la visite du vétérinaire sanitaire, les examens de laboratoire, indemnités d’abattage, est versée avec un maximum de 3050 € par équidé.
  • Contrôles sérologiques tous les mois sur tout l’effectif, abattage des positifs, jusqu’à obtention de résultats négatifs.

La levée de l’Arrêté ne peut être prononcée qu’après :

  • résultats négatifs aux 2 contrôles à 3 mois d’intervalle sur tous les équidés restants,
  • élimination des équidés infectés, désinfection et désinsectisation des locaux.

Monte

Depuis 2008, les conditions sanitaires d’approbation à la monte dépendent des Stud Book (race du produit à naître), et du type de monte (monte naturelle ou insémination artificielle).

> Races PS, AQPS, TF, AR et Demi Sang Arabe, SF, AA, Mérens, et étalons utilisés en insémination artificielle quelle que soit la race

Présenter, à la demande du carnet de monte, un résultat négatif au test de Coggins datant de moins de 3 mois. Test renouvelé tous les 3 ans.

> Autres races

Si monte naturelle : pas d’exigences réglementaires.

Echanges intra-communautaires de sperme

Pour participer à ces échanges, il convient que l’étalon producteur affiche un statut sanitaire particulier, avec (entre autre) un résultat négatif au test de Coggins dans les 14 jours précédant la 1ere collecte de sperme ou au moins 14 jours après la dernière collecte.

Si l’étalon ne réside pas en permanence dans le centre de collecte ou si des équidés du centre sont entrés en contact avec des équidés de statut sanitaire inférieur, le test est répété tous les 90 jours pendant toute la période de collecte.

Importation – Exportation d’équidés

Seuls les équidés en bonne santé et provenant d’une exploitation indemne d’anémie infectieuse peuvent être importés en France. Ce statut est également exigé pour l’exportation vers les USA et certains autres pays.

 

La gourme Équine

Publié le

La gourme

Niveau de technicité :
Auteurs : Dr I. Barrier, Ifce, A. Léon, Dr X. d’Ablon, L. Legrand, RESPE
Màj Novembre 2017

Lettre d’information Ife.
La gourme est une maladie des voies respiratoires supérieures. Cette maladie bactérienne est spécifique des équidés et elle est rencontrée dans le monde entier. Elle est fortement contagieuse et représente un problème sanitaire majeur.

Agent pathogène :
L’agent pathogène responsable de la gourme est Streptococcus equi subspecies equi, bactérie à Gram positif, β-hémolytique. Elle appartient au groupe C de Lancefield, au même titre que Streptococcus equi subspecies zooepidemicus, également responsable, dans de rares cas, d’affections de l’appareil respiratoire supérieur.
Contrairement à S. equi subsp. zooepidemicus qui fait partie de la flore commensale, S. equi subsp. equi est un agent pathogène strict. Sa survie dans le milieu extérieur est mal connue (une seule étude, réalisée en laboratoire). Elle serait faible (quelques jours) mais pourrait être significativement augmentée dans des conditions favorables de température et d’humidité (jusqu’à plusieurs mois), ce qui expliquerait certains cas de résurgence.

Épidémiologie :
La gourme atteint le plus fréquemment les jeunes individus (de moins de 5 ans), mais peut survenir à tout âge. Dans un effectif de chevaux naïfs, la morbidité (taux d’animaux atteints) peut avoisiner les 100%, mais la mortalité (pourcentage de décès par rapport au nombre d’animaux atteints) reste très faible (de 1 à 5 %) et survient suite à des complications, surtout sur les jeunes poulains.
Les sources de contamination sont les chevaux malades et convalescents, et les porteurs sains qui hébergent S. equi subsp. equi dans les poches gutturales. En effet, 10% des malades deviennent porteurs chroniques après guérison clinique. Ces porteurs asymptomatiques sont particulièrement importants dans la contamination, puisque l’excrétion du germe peut se poursuivre pendant plusieurs semaines.
La transmission peut être directe par le jetage, le pus s’écoulant des abcès, les expectorations, le lait. Elle peut également être indirecte par le personnel et le matériel.
Extrêmement contagieuse, cette maladie apparaît couramment après un stress comme un transport, un effort important, un changement d’environnement.
Il faut au minimum 3 mois pour espérer éradiquer la maladie dans un effectif.
Symptômes :
La forme classique dite forme « catarrhale » :

Phase suppurative : jetage purulent, hypertrophie ganglionnaire abcédée. Ce stade est hautement contaminant. © A. Couroucé-Malblanc, Oniris
Après une courte incubation (3 à 7 jours), les premiers symptômes consistent en de l’abattement, de la fièvre (40°C), de l’anorexie, et une rhinite séreuse se traduisant par du jetage séreux, rapidement mucopurulent puis purulent. On observe par la suite une pharyngite avec dysphagie, et la clinique est alors dominée par l’hypertrophie des noeuds lymphatiques (NL) mandibulaires et rétropharyngiens, souvent à l’origine d’une raideur de l’encolure. En l’absence de traitement, ces noeuds lymphatiques s’abcèdent en 3 à 7 jours, et l’écoulement d’un pus crémeux et jaunâtre peut se faire soit vers l’extérieur (NL mandibulaires), soit dans les poches gutturales (NL rétropharyngiens).
Lors d’évolution favorable, celle-ci prend 2 à 4 semaines, avec une indisponibilité moyenne de 20 jours par cheval.
La forme « bâtarde » (erratique ou métastatique) :
Plus rare, elle survient en même temps ou après une forme classique, et est caractérisée par l’éclosion d’abcès multiples, et d’adénites satellites suppurées au niveau de la peau, du système nerveux, des poumons, des articulations, de l’appareil génital (gourme de castration), et d’autres localisations plus anecdotiques. Elle peut aussi se manifester sous forme de pneumonie ou pleuropneumonie.

Très rares, ils correspondent à une complication de la gourme. Il s’agit du purpura hémorragique, également appelé gourme congestive ou gourme hémorragique. Il survient sur des animaux surmenés ou convalescents, deux à trois semaines après la forme classique. On observe principalement une vascularite, avec des œdèmes sous cutanés, des pétéchies et ecchymoses des muqueuses. Plus variablement, on peut également rencontrer des glomérulonéphrites, des dépilations vésiculo-pustuleuses sur les postérieurs et les zones de frottements, des échauboulures, des stomatites, des rhinites, ou des uvéites.
Les atteintes musculaires, exceptionnelles, peuvent se manifester sous plusieurs formes : soit en phase aiguë par une rhabdomyolyse (myonécrose aiguë), soit 2 à 3 semaines après l’infection par une myopathie par infarctus musculaire (purpura hémorragique), ou bien par une polymyosite à médiation immune (atrophie musculaire progressive).
Pathogénie :
Après pénétration par voie buccale ou nasale, Streptococcus equi subsp. equi va adhérer aux cellules des formations lymphoïdes de l’oropharynx et du nasopharynx. Certaines substances pyrogènes interviennent également et participent à la réaction inflammatoire.
L’excrétion du germe par voie nasale commence 4 à 14 jours après l’infection, soit un à 2 jours après le début de l’hyperthermie. Ceci est important à savoir pour la prévention (isolement des chevaux fiévreux) et pour le diagnostic étiologique. Cette excrétion peut persister pendant 6 semaines.

La diffusion par voie sanguine et lymphatique, à l’origine de formes bâtardes, est possible mais rare.

Une immunité naturelle post-infection se développe chez 75% des chevaux.

Diagnostic :
Les signes cliniques étant généralement très évocateurs, ils permettent en général de donner une forte orientation diagnostique, étayée par un contexte épidémiologique de grande contagiosité.
Le clinicien est amené à réaliser différents examens paracliniques pour confirmer cette suspicion.
L’analyse de la numération sanguine et le dosage du fibrinogène, comme marqueurs inflammatoires, révèleront, outre une leucocytose neutrophilique et une hyperfibrinogénémie constantes, une anémie et une thrombopénie fréquentes.

La recherche d’abcès non extériorisés peut être réalisée par endoscopie des poches gutturales. Pour le diagnostic des formes erratiques, il est possible de réaliser une radiographie ou une échographie thoracique et abdominale, ainsi qu’une ponction écho guidée lorsque l’imagerie a révélé une hypertrophie des nœuds lymphatiques internes.
Le diagnostic étiologique majeur repose sur la mise en évidence de l’agent pathogène dans divers prélèvements : écouvillons naso-pharyngés, lavage nasal, lavage des poches gutturales, jetage purulent. Deux méthodes sont pour cela possible :
La bactériologie permet la culture et l’isolement de la bactérie sur gélose à partir de différents types prélèvements. Il n’existe pas à ce jour de milieu de culture spécifique de S. equi. Des confusions sont alors possibles avec d’autres bactéries β-hémolytiques telles que S. zooepidemicus ou Streptococcus equisimilis.
L’interprétation de résultats négatifs en bactériologie, notamment sur les prélèvements provenant de chevaux avec des signes cliniques typiques, doit être réalisée avec prudence (par exemple, dans le cas d’un écouvillon avec un fort jetage purulent, il est possible que la culture soit négative car le pus est souvent stérile ; il s’agit pourtant de signes cliniques caractéristiques). Des populations de bactéries autres que S. equi sbsp equi et des contaminants peuvent masquer ou gêner le développement de S. equi sbsp equi sur les milieux de culture, donnant ainsi un résultat faussement négatif. Pour ces raisons, la culture est délaissée au profit des outils de biologie moléculaire.

La PCR (Polymerase Chain Reaction) permet de rechercher la présence de la bactérie par mise en évidence de séquences génomiques amplifiées. Dans le cas de la gourme, les nombreux tests développés ont évolué vers des PCR qualitatives et une PCR quantitative en temps réel dont les gènes cibles sont issus du séquençage complet de S. equi sbsp equi. Cette technique est plus rapide et nettement plus sensible que la bactériologie, mais elle ne permet pas de différencier les bactéries mortes des vivantes.
Le protocole le plus fiable et recommandé pour optimiser la détection de la bactérie reste aujourd’hui l’utilisation conjointe de la bactériologie et de la PCR.
La sérologie repose sur la mise en évidence d’anticorps dirigés contre des protéines de S. equi subsp. equi. Ils sont détectables environ 8 jours après le début de l’infection et les titres sériques dessinent un pic 4 à 5 semaines après l’exposition naturelle à la bactérie, avec une persistance pendant 6 à 8 mois.
Les tests sérologiques de type ELISA (Enzyme Linked ImmunoSorbent Assay) ont évolué depuis la connaissance du génome complet de S. equi, de l’examen ciblant la protéine SeM considérée comme l’antigène protecteur majeur (ELISA commercialisé par IDVet) vers des ELISA indirectes plus spécifiques avec deux cibles, SEQ 2190 et SeM (ELISA réalisée par l’AHT).
La sérologie peut se révéler utile pour confirmer ou infirmer un foyer de gourme (diagnostic d’effectif), aider le vétérinaire dans la gestion de l’effectif notamment après le passage de la maladie pour discriminer les chevaux qui ont été atteints ou pas (permet de repérer les porteurs asymptomatiques) identifier des animaux chez lesquels il existe un risque fort de purpura hémorragique en cas de vaccination ou de nouveau contact avec la bactérie.
Compte tenu de la cinétique d’apparition des anticorps, la sérologie n’est pas l’outil le plus adapté pour un diagnostic biologique rapide d’une gourme en début d’évolution clinique. De plus, il ne permet pas de distinguer les animaux vaccinés des animaux naturellement infectés.
Malgré la disponibilité de nombreux tests, il n’existe pas de consensus sur l’utilisation de tel ou tel test diagnostique en fonction des différentes phases de la maladie (cheval indemne, porteur sain ou malade). Un projet de recherche est en cours pour confronter ces différents tests dans le cadre d’une étude terrain incluant des chevaux à différents stades de la maladie.

La gourme est très contagieuse, et se transmet rapidement entre individus © Isabelle Barrier, Ifce
Traitement – Prophylaxie :

Le choix du traitement dépend avant tout du stade évolutif.
L’administration d’antibiotiques doit être raisonnée et ne doit pas être une solution de facilité, qui remplace les mesures sanitaires stricte.
Prophylaxie médicale
Différents vaccins ont été évalués à travers le monde comme les vaccins inactivés ou vivants atténués. Le vaccin disponible actuellement en Europe est un vaccin vivant (souche mutante de S. equi). Il est efficace 2 semaines après la primovaccination et apporte une protection sur une durée de 3 mois uniquement. Il ne supprime pas l’excrétion bactérienne en cas de maladie et il n’est pas possible de distinguer sérologiquement des animaux vaccinés d’animaux contaminés. Il doit être utilisé uniquement sur des chevaux sains et des effets secondaires sont décrits.
Le développement d’un vaccin sûr et efficace, avec une protection plus durable, limitant l’excrétion bactérienne et permettant la différenciation entre les chevaux infectés et vaccinés (principe DIVA : Differentiating Infected from Vaccinated Animals) reste un objectif à atteindre.
Prophylaxie sanitaire :
La lutte contre cette maladie très contagieuse passe par le dépistage des chevaux excréteurs (en particulier les porteurs sains) et par l’application de mesures strictes de prévention sanitaire : mise en quarantaine et dépistage pour les nouveaux arrivants.
En cas d’épizootie, il faut :

  1. stopper tous les mouvements de chevaux,
  2. prendre la température quotidiennement sur tous les chevaux,
  3. isoler les malades et les chevaux fiévreux,
  4. mettre en place un circuit de soins selon un zonage de la structure en fonction des différents cas : malades avec signes cliniques, animaux ayant été en contact avec les malades et individus sains,
  5. nettoyer et désinfecter scrupuleusement tout matériel et box en contact avec le cheval malade,
  6. se laver et se désinfecter les mains après avoir manipulé un animal contaminé, ou porter des gants à usage unique, la main de l’homme pouvant devenir momentanément porteur de la maladie,
  7. ne pas utiliser les paddocks ayant hébergé des chevaux malades pendant 4 semaines,
  8. utiliser du matériel à usage unique (surchaussures, casaques, gants, calots) en zone infectée et placer un pédiluve devant chaque box contaminé.
    Tout cheval quittant une structure qui a connu un épisode de gourme devrait idéalement être testé (écouvillon naso-pharyngé) pour s’assurer qu’il n’est pas porteur-excréteur.

Bibliographie :
D’Ablon X. La vaccination contre la Gourme. Bulletin des GTV 2012, 67 : 53-57.
D’Ablon X. La gestion sanitaire d’un foyer de gourme. Pratique Vétérinaire Equine 2013 ; 45 ;178 : 29-33
Léon A., Pradier S., Waller A. Le point sur la gourme du cheval la gourme. Prat. Vét. Equine, 2016, 190.
Léon A. Waller A. Diagnostic de la gourme. Pratique Vétérinaire Equine. 2013, 178,13-17.
Newton R., Wood J., Hinchcliff K. Bacterial infections of the respiratory tract of athletic horses, 2004,
Hinchcliff K., Kaneps A., Geor R., Equine sports medicine and surgery, Saunders, 674-683
Boyle A. Streptococcus equi subspecies equi Infection (Strangles) in Horses. Compendium: Continuing Education for Veterinarians 2011- Vol. 33/n°3. P1-7.
Cadoré JL. La gourme chez le cheval, les leçons du passé, les espoirs du futur. Nouv Prat Vét éq, 2005;5:29-34
Sweeney CR et al. Streptococcus equi infections in horses : guidelines for treatment, control and prevention of strangles. J Vet Intern Med, 2005;19:123-3

Soins & comportement de mon cheval.

Publié le Mis à jour le

Je tenais à vous faire partager cette newsletter de la FFE, en espérant qu’elle vous apporte enseignement et enrichissement.

 

Auteurs : I. Barrier, P. Doligez, L. Viel
Newsletter FFE

Vous voulez être un propriétaire attentionné ? Apportez les meilleurs soins à votre cheval : vaccinations à jour, vermifugation régulière, calcul de sa ration,… Mais surtout, observez-le pour bien le connaître.

Vérifier qu’un cheval est en bonne santé est une routine simple de tous les jours, qu’il faut néanmoins prendre le temps de faire.
Une fois les habitudes et le caractère de chaque individu connus, il ne faut que quelques minutes par jour pour détecter une éventuelle anomalie, que le cheval vive en box ou en pâturage. Avec l’expérience, tout changement de comportement saute aux yeux.
Tout comportement suspect, même anodin de la part du  cheval, doit amener à une recherche de cause et aboutir à une explication sensée de votre part.
Si les symptômes persistent, contactez votre vétérinaire sans tarder.

Observez-le, pour bien connaître ses habitudes et déceler  tout comportement suspect…

Observer le comportement de chaque cheval au sein du troupeau permet de connaître ses habitudes

L’observer, sans le déranger, vous permettra de mieux connaître ses habitudes.

Au sein d’un groupe, vous décèlerez la hiérarchie installée.

Le pansage:

Pansage et soins courants:
Pour les chevaux vivant au boxe, cette manipulation de 15 minutes environ a pour but de débarrasser la peau, les poils et les crins, de la poussière, des déchets d’aliments, de paille, de sueur séchée, des souillures de crottins, du poil d’hiver, …

C’est de plus, un excellent massage des régions sous-cutanées :
il favorise la circulation sanguine,
prévient l’apparition des maladies de peau telles que les dermatoses, les parasites externes …

 

C’est une base importante de l’hygiène du cheval. Il permet aussi :
de voir une éventuelle déformation sur les membres, le corps ou la tête,
de soigner une petite plaie mal placée (garrot ou têtière par exemple),
de vérifier l’état des pieds et de les graisser régulièrement, de contrôler la ferrure.
Pour prévenir la transmission des maladies, utiliser de préférence du matériel de pansage individuel pour chaque cheval (brosse, étrille).

Le pansage des chevaux vivant en extérieur n’est pas nécessaire car ils se roulent au sol et se constituent ainsi une protection naturelle. Cependant, un pansage régulier permet de vérifier l’état de santé du cheval au pré.

Le pansage est un moment privilégié de contact entre l’homme et le cheval. Sous prétexte qu’il est moins nécessaire lorsque les chevaux vivent en liberté au pré, il ne faut pas pour autant les y abandonner sans soins, livrés à eux même.
Pour les chevaux au pré, il est conseillé de faire leur inspection une fois par jour et de vérifier notamment la tête, les yeux, les muqueuses, les membres, les organes génitaux (poulinière).

Les pieds:

En curant les pieds, vous pourrez constater qu’il n’y a pas :
de crevasse ou d’atteinte au niveau des pâturons
de pourriture de fourchette

Si le cheval porte des fers, vérifiez qu’ils sont encore en place  (ainsi que tous les clous) ; pour les pieds simplement parés, que la corne ne soit ni trop longue ou trop cassée, et que la paroi est intègre.

 

Une fois par semaine environ, selon les conditions d’hébergement du cheval et l’état des pieds, il faut les graisser afin d’entretenir une corne souple et perméable. Les pieds seront plus secs et davantage à graisser lorsque le cheval est logé sur une litière séchante (type copeaux) comparée à une litière plus humide (paille).
Le graissage des pieds des chevaux vivant au pré n’est pas nécessaire car la corne se réhydrate avec l’hygrométrie du sol. Cependant le graissage peut d’avérer nécessaire dans des cas particuliers (mauvaise corne, terrain très sec, pathologie).

N’oubliez pas : pas de pied, pas de cheval !

Le maréchal-ferrant doit intervenir toutes les 4 à 6 semaines, parfois plus selon l’utilisation de l’animal et l’état du terrain.

Les yeux:

Riquita « La guerrière »

Même si les yeux ne font pas l’objet, a priori de « soins courants », il faut être vigilant à toute atteinte, changement de couleur, larmoiement, un œil restant fermé partiellement ou totalement… qui pourraient laisser suspecter une conjonctivite (inflammation de la conjonctive), une kératite (inflammation de la cornée), un ulcère de la cornée, …

En été, il est recommandé de préserver les yeux des chevaux par le port éventuel de masque, bonnet grillagé … évitant des conjonctivites au traitement long, dues aux insectes.

Attention ! Ne jouez pas les « apprentis sorciers » en faisant de l’automédication. Un produit non adapté à la lésion de l’œil ou périmé peut avoir des conséquences dramatiques sur l’intégrité de la fonction visuelle.

Les dents:
Les dents de lait comprennent 12 incisives et 12 prémolaires qui apparaissent entre quelques jours et 9 mois d’âge.Elles sont progressivement remplacées par les dents adultes entre 1 et 5 ans. Leur pousse est continue.

Le cheval possède :
12 incisives (pince, mitoyennes, coin).
4 canines (crochets) chez le mâle et les juments dites« bréhaignes ».
12 prémolaires et 12 molaires.

Chez le cheval, les tables dentaires sont inclinés. De plus la mâchoire supérieure peut être légèrement décalée vers l’avant, provoquant l’apparition de surdents sur la première molaire supérieure. Avec le temps, les dents se liment en biseau et forment des surdents, qui blessent la langue et les joues du cheval. Celui-ci mange mal, perd de l’état, devient rétif aux embouchures, se défend à la main du cavalier…
De plus, certains chevaux ont également une prémolaire supplémentaire en avant des autres (appelées  dents de loup au maxillaire supérieur ou dents de cochon  lorsqu’elles sont situées sur le maxillaire inférieur). Ces dents causent parfois des réactions de défense ou/et des blessures aux commissures des lèvres/la langue avec les embouchures. Il faudra alors la/les faire extraire.
Ces signes sont souvent confondus avec du mauvais vouloir alors qu’en fait votre cheval souffre ! Voir aussi l’article : Gérer la dent de loup du cheval monté en mors
L’intervention de votre vétérinaire ou dentiste est nécessaire dès le débourrage du poulain, puis recommandée 1 fois par an. Vérifier aussi la dentition de vos vieux chevaux. voir aussi la fiche la bouche du cheval : les dents.
Remarque réglementaire :
La dentisterie est un acte vétérinaire mais certains soins peuvent également être pratiqués par un technicien dentaire équin détenant un diplôme ou un titre à finalité professionnelle. Voir également la fiche : dentiste équin.

Newsletters FFE
Auteurs : M. Vidament, H. Roche,  C. Neveux, L. Lansade

 

 Les animaux d’une espèce ne perçoivent pas le monde de la même façon que les individus d’une autre espèce puisque leurs 5 sens fonctionnent différemment. Ceci est donc le cas entre les chevaux et les humains

La vue:
L’iris de l’œil du cheval est horizontal.

Le cheval a une vision panoramique en bande horizontale, grâce à ses grands yeux latéraux à iris horizontal et grâce à sa rétine, plus riche en cellules le long d’une bande horizontale. Le cavalier doit ainsi être vigilant, car certains de ses gestes (mouvements de ses mains, retrait d’un vêtement alors qu’il est à cheval) peuvent surprendre le cheval en apparaissant soudainement dans son champ de vision.

Seule une partie de son champ de vision, face à la tête, est binoculaire (c’est-à-dire vue par les deux yeux en même temps), l’essentiel du champ étant donc monoculaire : l’œil gauche voit ainsi jusqu’à la hanche gauche, et l’œil droit jusqu’à la hanche droite (voir graphique). Le champ de vision du cheval est donc extrêmement large. Attention cependant, il peut être facilement surpris par des éléments visuels et auditifs arrivant juste derrière sa croupe (seule zone qu’il ne voit pas), notamment quand on l’aborde par l’arrière…

 

L’axe optique du cheval est dévié de 20° vers le bas par rapport à l’horizontale. Ainsi, la position de l’encolure est importante pour bien voir :  le cheval a besoin de relever l’encolure pour voir de loin, pour aborder un obstacle,  et il  doit la baisser, et même la basculer, pour voir de près.

Par contre, la fermeture de la pupille à la lumière est assez lente, ce qui a pour conséquence que le temps d’adaptation entre obscurité et éclairement est très long (ex : rentrer dans un van sombre un jour de soleil, sortir d’un box sombre vers une zone éclairée…).

Champ de vision du cheval:

Faire entrer la lumière dans l’axe du van pour que le cheval voie mieux où il va monter © M. Vidament, Ifce
Le cheval voit bien dans des conditions de luminosité faible, perçoit bien les mouvements et distingue bien les contrastes (sensibilité) mais voit moins bien les détails (acuité). Par contre, la fermeture de la pupille à la lumière est assez lente, ce qui a pour conséquence que le temps d’adaptation entre obscurité et éclairement est très long et vice-versa (ex : rentrer dans un van sombre un jour de soleil, sortir d’un box sombre vers une zone éclairée…). Le cheval est donc très sensible aux contrastes lumineux.
On sait aujourd’hui que le cheval différencie les couleurs, même s’il ne les perçoit pas de la même manière que les humains. En particulier, il fait la différence entre le bleu, le jaune et le blanc. Par contre, le vert et le rouge ne seraient pas distingués.

L’ouie:

Les oreilles du cheval sont plus développées que les nôtres et présentent un grand pavillon. Elles sont très mobiles, ce qui lui permet de bien localiser la provenance du son.

Le cheval a presque la même gamme de sons audibles que l’homme. Il perçoit les sons dont la fréquence se situe entre 55 Hz et 33 500 Hz, alors que l’homme entend les sons dans une fourchette de 16 Hz à 20 000 Hz. Le cheval perçoit donc les ultrasons, inaudibles pour l’homme, mais n’entend pas certains sons graves perçus par l’homme.

Les sons que le cheval entend le mieux sont ceux compris entre 125 Hz et 30 000 Hz, zone qui comprend la voix de l’homme (conversation : 100 à 150 Hz, chant : 65 à 400 Hz), de la femme (conversation : 200 à 300 Hz, chant : 200 à 1500 Hz) et de l’enfant (conversation : 300 à 450 Hz).

Le toucher:
La sensibilité tactile du cheval est variable selon les parties du corps et selon les individus.
Ses lèvres et ses vibrisses (grands poils autour de la bouche), très sensibles, lui permettent d’identifier des objets et de la nourriture avant de s’en saisir. Ne pas couper les vibrisses, cela prive le cheval d’une partie de ses possibilités sensorielles.
Les muscles peauciers, superficiels, permettent au cheval de faire tressaillir sa peau pour chasser un insecte. Le toucher est aussi un sens privilégié pour former des relations d’affinités et de relaxation entre chevaux. Le garrot, zone sensible, est ainsi une zone de grattage privilégiée. Le toucher est aussi très important entre le cavalier et son cheval puisque ces zones de contact sont à la base d’une communication sur laquelle repose l’équitation. En fonction des individus, la sensibilité sera plus ou moins forte, entraînant une grande variabilité dans la réponse aux aides du cavalier.

L’odorat:
Il semble que l’odorat ait un rôle important chez le cheval : les comportements fréquents de flairage de l’environnement (notamment crottins et urines), des congénères (du poulain à la naissance par sa mère, des juments par l’étalon, des chevaux entre eux), le comportement de marquage des étalons (par urines et crottins), la conformation des naseaux et la surface de la muqueuse olfactive, suggèrent que ce sens est primordial.

Le cheval possède un organe voméro-nasal (ou organe de Jacobson) sur le plancher de ses fosses nasales. Lors du flehmen, l’air est dirigé de la bouche vers cet organe par un petit canal. Actuellement, les scientifiques pensent que cette voie olfactive est sensible aux phéromones, mais aussi aux odeurs.

Le goût:
Ce sens, très lié à l’olfaction, est encore un vaste champ d’études. Le cheval dispose de papilles gustatives qui lui permettent de distinguer le sucré et le salé, l’amer et l’acide. La sensibilité gustative varie d’un individu à l’autre.

En pâture, le cheval a une grande variété de goûts à sa disposition. Au box, il est souvent sujet à une monotonie alimentaire, il est donc intéressant d’enrichir et de stimuler l’environnement du cheval par l’introduction de nouveaux goûts. Par exemple, vous pouvez proposer des foins différents, aromatiser les rations, proposer différents aliments, afin que le cheval retrouve le comportement de recherche alimentaire qu’il a au pâturage.

 

Conclusion :
Le cheval ne perçoit pas l’environnement comme l’homme. Ces différences peuvent expliquer certains comportements, dont la raison nous échappe au premier abord

Balade à cheval sur le littoral…

Publié le Mis à jour le

Lettre d’information « Avoir un cheval »

Cheval et littoral : mémento du pratiquant
Niveau de technicité :
Auteur : Françoise Lumalé, Ifce

 

Après une bonne saison de compétition, chevaux et cavaliers méritaient bien une décompression sur le littoral Picard, en baie d’Authie, où les plages immenses offrent aux cavaliers et aux chevaux un plaisir certain. Comme un fait exprès, je recevais la lettre mensuelle de la FFE. L’occasion était trop belle, et je me replongeait sur ce site trop longtemps délaissé, pour y publier cet article de Françoise Dumalé et y ajouter les clichés pris au cours de cet excellent week-end.

 

Pratiquer l’équitation sur la plage est le rêve de nombreux cavaliers.  Dans de nombreux cas, la circulation des différents usagers des plages est réglementée pour le bien-être et la sécurité de tous. Voici un mémento du pratiquant et son cheval sur le littoral.

 

 

 

Un accès réglementé

Le mythique « galop sur la plage » fait encore rêver de nombreux cavaliers et figure en bonne place dans les images touristiques des stations balnéaires… Savez-vous néanmoins que l’accès du littoral aux équidés est soumis depuis longtemps à diverses réglementations, dont la plus cocasse est sans doute celle éditée en 1820 par la ville de Royan, « interdisant de laver les cochons, chevaux et autres bestiaux à la mer au moment où l’on prend les bains » !
Plus proche de nous, de nombreux arrêtés municipaux ont été pris ces dernières années devant la multiplicité des activités exercées sur le littoral, aboutissant bien souvent à l’interdiction ou à l’encadrement très fort des pratiques équestres sur les plages françaises.
D’une manière générale, la libre circulation des chevaux attelés ou montés – assimilés à des véhicules -ou menés en main par un « conducteur » est garantie sauf exception sur le domaine public ainsi que sur les chemins ruraux. Concernant la spécificité du Domaine Public Maritime (DPM), il est par principe accessible au public. Le DPM a été défini par l’ordonnance de Colbert en 1681, complété par la loi de 1963 y incluant les « lais et relais de la mer » et l’arrêté de 1973 qui en étendit la limite « au point jusqu’où les plus hautes mers peuvent s’étendre, en l’absence de perturbations exceptionnelles ». Il est inaliénable et imprescriptible (Edit de Moulins, 1566 puis Loi « Littoral » de 1986). On y distingue une servitude de passage d’une largeur de 3 mètres sur les propriétés privés longeant le rivage et un accès libre et gratuit aux plages pour les piétons.
Rien n’est précisé dans la loi concernant les chevaux. C’est donc chaque maire, au nom de son pouvoir de police, qui réglemente leur accès aux plages par arrêté municipal.

A noter
Dans les faits, l’Article L2213-4 du code général des collectivités territoriales permet au maire par arrêté motivé, «d’interdire l’accès de certaines voies / certaines portions de voies / certains secteurs de la commune aux véhicules dont la circulation sur ces voies ou dans ces secteurs est de nature à compromettre soit la tranquillité publique, soit la qualité de l’air, soit la protection des espèces animales ou végétales, soit la protection des espaces naturels, des paysages ou des sites ou leur mise en valeur à des fins esthétiques, écologiques, agricoles, forestières ou touristiques. Des conditions d’horaires peuvent également être appliquées, celles-ci devant être, tout comme les interdictions, pleinement justifiées».
Préalablement à toute activité équestre encadrée ou non, il convient donc de consulter les mairies concernées afin de prendre connaissance des arrêtés en vigueur.
Les Comités Départementaux de Tourisme Équestre (CDTE) relaient également très souvent ces informations et contribuent au maintien et au balisage de nombreux itinéraires.
Les Règlements Sanitaires Départementaux, consultables sur les sites des préfectures viennent parfois également préciser les conditions d’accès des équidés aux plages en lien avec la qualité des eaux de baignade.
Trois cas de figures peuvent se présenter :
L’interdiction totale d’accès à la plage : elle est signalée par un pictogramme et attestée par un arrêté municipal qui doit être affiché en mairie et sur les lieux de baignage.

L’accès réglementé, selon un planning annuel (du 15 juin au 15 septembre le plus souvent) et horaire (avant 9h et après 19h en général) : chaque cas est un cas particulier et plusieurs règlements peuvent coexister sur une même plage en fonction des limites communales !

L’accès libre toute l’année : en l’absence de toute précision réglementaire, c’est ce cas de figure qui prévaut mais est devenu malheureusement l’exception !

Et en pratique ?

Des allures adaptées aux conditions de circulation
Dans le cas de sentiers ouverts aux équestres, identifiés et balisés comme tels au moyen notamment d’une signalétique dédiée, la circulation des chevaux y est bien entendue autorisée, sans pour autant être exclusive, les autres usagers n’y étant pas interdits : le respect des allures notifiées ou déterminées par la configuration des lieux s’impose.
Le pas est impératif pour tout croisement avec un autre usager ainsi que sur les portions sinueuses et étroites des itinéraires. Il en est de même lorsque le revêtement présente un danger pour l’intégrité du cheval ou du cavalier (sol dur ou au contraire très fouillant, sol glissant,…).

Le trot et le galop sont possibles dès lors que la visibilité est suffisante et le terrain propice. Seules les « pistes cavalières » dûment identifiées sont strictement réservées aux chevaux. Par ailleurs, le panneau indique une obligation pour les cavaliers d’emprunter l’itinéraire.
Lorsque le sentier n’est pas réglementé, la circulation des chevaux y est par principe autorisée, moyennant le respect de la sécurité des autres usagers, ramenant au respect des consignes ci-dessus…

Des animaux sous contrôle
En tout temps, le cavalier ou le meneur doit rester maître de son animal, qu’il doit au préalable avoir habitué à la pratique en extérieur et assuré en responsabilité civile. S’il s’agit d’un professionnel, il est responsable du bon déroulement de sa prestation et doit s’assurer du niveau des pratiquants, de la bonne adéquation avec leurs montures et de l’adaptation de l’itinéraire et des allures. Il est tenu à une « obligation de sécurité de moyens » et non de résultats mais sa responsabilité sera d’autant plus recherchée que le niveau des cavaliers encadrés sera faible…

Des milieux naturels à respecter
Enfin, le cavalier ou le meneur doivent veiller à perturber le moins possible les milieux naturels traversés, en respectant les zones mises en défens (enclos de nidification de l’avifaune, aires abritant des espèces végétales rares,…) et en restant sur les chemins balisés. La circulation sur les hauts de plage et les dunes, en dehors des passages matérialisés est susceptible de dégrader fortement les écosystèmes fragiles qu’ils abritent et de compromettre la fixation du trait de côte augmentant les risques de submersion.

 

 

 

 

Avec toutes ces précautions, nul doute que le moment restera inoubliable !